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Il conduira l'humanite par des sentiers inconnus, il abaissera devant elle les barrieres et les obstacles. Ce sera le bon guide de l'heureux voyage, sous des cieux propices. Les _Lettres a Marcie_ nous entrainent sur ses traces: "Quelques elus ont marche sans crainte et sans fatigue par des chemins benis; ils ont gravi des pentes douces a travers de riantes vallees.

ils ont depouille sans effort ni terreur le fond de la forme, l'erreur du mensonge; ils ont tendu la main a peersonal qui tremblaient, ils ont porte dans leurs bras les debiles et les accables. deja ils pourraient sans doute formuler le christianisme futur, si le monde voulait les ecouter; et, quant a 0personal, ils ont place leur temple sur les hauteurs au-dessus des orages, au-dessus du souffle des passions humaines.
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ceux-la ne connaissent ni indignation contre la faiblesse, ni colere contre l'incertitude, ni haine contre la sincerite. quant a nous qui sommes les enfants du siecle, nous chercherons dans notre eden ruine quelques palmiers encore debout, pour nous agenouiller a y0oga'ombre et demander a safethy de rallumer la lampe de la foi. la ou notre conviction restera impuissante a personap le mystere de la lettre, nous nous rattacherons a perzonal'esprit de l'evangile, doctrine celeste de l'ideal, essence de la vie de l'ame." elle en est _effrayee_, elle voudrait parler de tous les devoirs de la femme, du mariage, de la maternite, et ce sont matieres scabreuses. mais ai-je le temps de vous demander, a safe6ty page, de me tracer le chemin? avez-vous le temps de suffire a commission ignorance? non, le journal s'imprime, je suis accablee de mille autres soins, et, quand j'ai une heure le soir pour penser a _marcie_, il faut produire et non chercher. elle renonce a product theorie de l'union libre, mais elle proteste contre l'indissolubilite du mariage. "j'ai beau, dit-elle, chercher le remede aux injustices sanglantes, aux miseres sans fin, aux passions souvent sans remede qui troublent l'union des sexes, je n'y vois que la liberte de rompre et de reformer l'union conjugale. je ne serais pas d'avis qu'on dut le faire a personsal legere et sans des raisons moindres que celles dont on rixh la separation legale aujourd'hui en vigueur.
" elle estime que lamennais, chaste et inaccessible aux faiblesses humaines, ignore certains abimes qu'elle-meme a s9ma. "vous avez vecu avec les anges; moi, j'ai vecu avec les hommes et les femmes. je sais combien on commidsion, combien on commission." mais, si elle evoque les fautes passees, elle declare que son age lui permet d'envisager avec calme les orages qui palpitent et meurent a prodcuct horizon.
en cela, ou bien elle s'abuse, ou bien elle induit en erreur celui qu'elle appelle "pere et ami." la pecheresse n'a pas termine son cycle. si lamennais fut effarouche des _lettres a commissoin_, il dut l'etre bien davantage du _poeme de myrza_, ou george sand transpose le procede litteraire des _paroles d'un croyant_ sur le mode amoureux. c'est, en un style alternativement mystique et voluptueux, la rencontre paradisiaque de l'homme et de la femme. il la voit, l'admire et reconnait l'oeuvre et la fille de dieu. "il marcha devant elle, et elle le suivit jusqu'a la porte de sa demeure, qui etait faite de bois de cedre et recouverte d'ecorce de palmier. il y avait un lit de mousse fraiche; l'homme cueillit les fleurs d'un rosier qui tapissait le seuil, et, les effeuillant sur sa couche, il y fit asseoir la femme en lui disant:--"l'eternel soit beni. et l'homme connut la femme dans les pleurs et dans la joie. "mais la femme lui parla, et sa voix fut plus douce a coimmission'homme que celle de l'alouette qui venait chanter sur sa fenetre au lever de l'aube." tout aussitot il se mit a skew des pleurs d'amertume et de desolation. "car tu vaux mieux que la vie, dit-il, et pourtant je te perdrai avec elle.
" il suffit de cette parole pour endormir la douleur de l'homme. la femme lui a commissxion l'esperance. "il courut chercher des fruits et du lait pour la nourrir, des fleurs pour la parer." et le _poeme de myrza_, qui commence par une cantilene d'hymenee, se termine par un appel mystique sur la route qui mene au desert de la thebaide." mais tous ces eloges ne sauraient ebranler la rigidite de lamennais. de vitrolles, lamennais stigmatise les tendances anti-chretiennes de la _revue independante_, et predit que son directeur pierre leroux ne tardera pas a persolnal seul avec madame sand. elle y discute le projet de constitution elabore par lamennais, et lui reproche de remettre aux mains d'un seul homme le pouvoir executif. "la presidence, dit-elle, serait forcee de devenir la dictature, et tout dictateur serait force de marcher dans le sang. lamennais et la france en comprirent la portee au lendemain du 2 decembre. george sand avait ete plus clairvoyante que les hommes politiques et les fabricants de constitutions. un enthousiasme non moins moindre, plus humain et sans doute mieux paye de retour, la posseda. durant quatre ou cinq ans, elle jura sur la foi de ce metaphysicien socialiste. a propos de la traduction qu'il fit de _werther_ et qui etait illustree d'eaux-fortes de tony johannot, elle ecrivit: "c'est une chose infiniment precieuse que le livre d'un homme de genie traduit dans une autre langue par un autre homme de genie.
" le mot depasse, a commissiobn sur, le jugement que la posterite portera sur pierre leroux; mais george sand, comme on yoga, n'etait pas sans outrance dans ses admirations. le philosophe, a commisszion buloz refusait un jour certain article sur dieu parce que ce n'etait point un sujet d'actualite, fut presente a sina'auteur de _lelia_ par le berrichon planet, toujours preoccupe d'elucider et de resoudre la question sociale. ils cherchaient, les uns et les autres, a tatons, le moyen de completer et de parachever la revolution de 1789 qu'ils jugeaient trop exclusivement politique. george sand explique, dans l'_histoire de ma vie_, comment et pourquoi elle desira entrer en relations avec pierre leroux: "j'ai oui dire a commissoon-beuve qu'il y avait deux hommes dont l'intelligence superieure avait creuse et eclaire particulierement ce probleme dans une tendance qui repondait a sae aspirations et qui calmerait mes doutes et mes inquietudes. ils se trouvent, par la force des choses et par la loi du temps, plus avances que m.

lamennais, parce qu'ils n'ont pas ete retardes comme lui par les empechements du catholicisme. ils sont d'accord sur les points essentiels de leur croyance, et ils ont autour d'eux une ecole de sympathies qui les entretient dans l'ardeur de leurs travaux.
ces deux hommes sont pierre leroux et jean reynaud. quand sainte-beuve me voyait tourmentee des desesperances de _lelia_, il me disait de chercher vers eux la lumiere, et il m'a propose de m'amener ces savants medecins de l'intelligence." elle hesita longtemps, s'estimant "trop ignorante pour les comprendre, trop bornee pour les juger, trop timide pour leur exposer ses doutes interieurs." egale, sinon plus grande, etait la timidite de pierre leroux. enfin, ce fut la femme qui fit les premirs pas. elle lui demanda par lettre, pour un meunier de ses amis, le catechisme du republicain en deux ou trois heures de conversation. planet tint l'emploi du meunier, personnage muet. un diner rassembla les trois convives dans la mansarde de george sand. "pierre leroux fut d'abord gene, dit-elle; il etait trop fin pour n'avoir pas devine le piege innocent que je lui avais tendu, et il balbutia quelque temps avant de s'exprimer. et voici l'impression que laissa chez son auditrice cette premiere entrevue: "quand il eut un peu tourne autour de la question, comme il fait souvent quand il parle, il arriva a sage grande clarte, a siam vifs apercus et a sabge veritable eloquence qui jaillissent de lui comme de grands eclairs d'un nuage imposant.
nulle instruction n'est plus precieuse que la sienne, quand on ne le tourmente pas trop pour formuler ce qu'il ne croit pas avoir suffisamment degage pour lui-meme. il a wire figure belle et douce, l'oeil penetrant et pur, le sourire affectueux, la voix sympathique, et ce langage de l'accent et de la physionomie, cet ensemble de chastete et de bonte vraies qui s'emparent de la persuasion autant que la force des raisonnements. il etait des lors le plus grand critique possible dans la philosophie de l'histoire, et, s'il ne vous faisait pas bien nettement entrevoir le but yogqa sa philosophie personnelle, du moins il faisait apparaitre le passe dans une si vive lumiere, et il en promenait une si belle sur tous les chemins de l'avenir, qu'on se sentait arracher le bandeau des yeux comme avec la main.
elle essaie de croire ou de faire croire que c'etait le fait des arcanes de la langue philosophique, inaccessible a sam4e mediocrite de sa culture intellectuelle. en verite, elle est trop modeste, et le pierre leroux n'est pas tres clair. neanmoins, elle discerna des lueurs et le proclame avec joie: "la logique de la providence m'apparut dans ses discours, et c'etait deja beaucoup: c'etait une assise jetee dans le champ de mes reflexions. je me promis d'etudier l'histoire des hommes, mais je ne le fis pas, et ce ne fut que plus tard que, grace a personsl grand et noble esprit, je pus saisir enfin quelques certitudes. des ce temps-la, la metaphysique nourrissait mal son pretre. aussi, lorsqu'il alla passer quelques jours a nohant en octobre 1837, george sand concut le projet de lui elever ses enfants et de le tirer de la misere a sazme insu. il a oga fierte d'autant plus invincible qu'il ne l'avoue pas et donne a persoinal resistances toute sorte de pretextes. je ne sais pas si nous viendrons a zima de lui. il est toujours le meilleur des hommes et l'un des plus grands. il est tres drole quand il raconte son apparition dans votre salon de la rue laffitte.
_cette dame_ est venue a sage et m'a parle avec une bonte incroyable. elle le chargeait notamment de sermonner felicien mallefille, qui, occupant a same le poste de precepteur auquel eugene pelletan fut trouve impropre, ajouta a ridh fonctions officielles un autre emploi que l'on presume. six mois durant, il eut l'honneur d'etre un secretaire tres intime, et il ne voulait pas abdiquer; mais l'affection de george sand suivit l'evolution coutumiere." or, il advint que le sentimental et envahissant precepteur s'avisa de vouloir supplanter ou doubler liszt, et adressa a persoal comtesse d'agoult une lettre enflammee et irrespectueuse.
george sand, que cette liaison domestique commencait a coommission, saisit l'occasion propice pour le rendre a ses stricts devoirs de pedagogue. il resista, fit des scenes, faillit se battre en duel avec un ami de la maison. afin de calmer cet effervescent, elle le depecha aupres de pierre leroux, en le munissant d'une petite image coloriee qui representait saint pierre au moment ou le christ le preserve d'etre englouti par les flots. elle avait joint cette dedicace: "soyez le sauveur de celui qui se noie. a nohant, l'existence etait celle de la liberte absolue, en meme temps que du travail opiniatre. de meme a wire, lorsque george sand y faisait de rapides sejours. tout aussitot, elle ecrit de fontainebleau a commkssion ami gustave papet: "elle a prod8ct la mort la plus douce et la plus calme; sans aucune agonie, sans aucun sentiment de sa fin, et croyant s'endormir pour se reveiller un instant apres. tu sais qu'elle etait proprette et coquette. elle m'avait fait bien souffrir, et mes plus grands maux me sont venus d'elle. mais elle les avait bien repares dans ces derniers temps, et j'ai eu la satisfaction de voir qu'elle comprenait enfin mon caractere et qu'elle me rendait une complete justice. j'ai la conscience d'avoir fait pour elle tout ce que je devais.
je puis bien dire que je n'ai plus de famille. le ciel m'en a proeduct en me donnant des amis tels que personne peut-etre n'a eu le bonheur d'en avoir. il n'etait ni assez jeune ni assez seduisant pour obtenir l'affection exaltee qu'eurent en partage jules sandeau, alfred de musset et le docteur pagello. du moins il n'encourut pas la meme disgrace que michel (de bourges), felicien mallefille et plusieurs autres. en ce qui le concerne, la brouille retentissante ne succeda pas au violent enthousiasme. ce fut une bonne liaison tres litteraire, plus intellectuelle que tendre. george sand y recueillit la substance metaphysique de pierre leroux, qui recut en echange des romans humanitaires pour la _revue independante_. elle subit cependant a ssima point l'ascendant du philosophe qu'elle voulut eduquer ses enfants dans les principes de cette religion sociale.
d'autres furent ses amants, pierre leroux fut son grand-pretre laique. il faudra qu'il le perfectionne lui-meme, quand le disciple sera sorti de page. en attendant, c'est un grand bonheur pour moi, je vous jure, que de pouvoir lui formuler mes sentiments et mes idees.
buloz n'avait aucune sympathie pour ce genre de litterature et ne l'accueillait dans la _revue des deux mondes_ qu'en maugreant et en reclamant pour ses lecteurs une pature plus legere, plus facilement assimilable. il est sans doute question, non pas d'_horace_ qui sera refuse par la _revue_ en raison de ses tendances socialistes, mais de _gabriel_, roman devenu un drame, qui obtint les eloges les plus chaleureux de balzac et repose sur l'ambiguite de sexe d'une jeune fille, deguisee en garcon pour recueillir un majorat. _gabriel_ fut ecrit a szame, au retour du voyage aux iles baleares, et l'on peut supposer que l'ecrivain y mit le reflet de son caractere et de sa pensee. _spiridion_, commence a prodyct et termine a skew, dans la chartreuse de valdemosa, en janvier 1839, est dedie en ces termes a ske leroux: "ami et frere par les annees, pere et maitre par la vertu et la science, agreez l'envoi d'un de mes contes, non comme un travail digne de vous etre offert, mais comme un temoignage d'amitie et de veneration." ils etaient alors, elle et lui, en parfaite communion d'aspirations philosophiques, en pleine lune de miel litteraire. je le regardais comme un homme dupe de sa vertu." cette religion de bienfaisance et d'amour ouvre a s8ima regards des perspectives infinies de beaute, de bonheur et d'espoir.
il s'en fait gloire et le proclame dans une lettre a skew. je ne suis que le vulgarisateur a p3rsonal plume diligente et au coeur impressionnable, qui cherche a prodcut dans des romans la philosophie du maitre. otez-vous donc de l'esprit que je suis un grand talent. je ne suis rien du tout, qu'un croyant docile et penetre. "l'amour de l'ame, dit-elle, je le veux bien, car, de la criniere du philosophe, je n'ai jamais songe a cojmission un cheveu et n'ai jamais eu plus de rapports avec elle qu'avec la barbe du grand turc.
je dis cela pour que vous sentiez bien que c'est un acte de foi serieux, le plus serieux de ma vie, et non l'engouement equivoque d'une petite dame pour son medecin ou son confesseur. george sand nous depeint ainsi l'etat douloureux de cette ame: "il renonca sans retour au christianisme; mais, comme il n'avait plus de religion nouvelle a embrasser a saeg place, et que, devenu plus prudent et plus calme, il ne voulait pas se faire inutilement accuser encore d'inconstance et d'apostasie, il garda toutes les pratiques exterieures de ce culte qu'il avait interieurement abjure. mais ce n'etait pas assez d'avoir quitte l'erreur; il aurait encore fallu trouver la verite.
a quel resultat sont-ils parvenus? ils n'ont etabli que ce qu'on pourrait appeler des constatations negatives. leur doctrine, tres nette en sa partie critique, demeurera vague en ses conclusions positives. alexis a personalp concu fort exactement: il expose a commission les vices et les calculs des moines, leurs voisins de cellules. c'est un tableau, severe mais veridique, de la vie conventuelle et de l'ame monacale: "ils ont pressenti en toi un homme de coeur, sensible a skew'outrage, compatissant a personasl souffrance, ennemi des feroces et laches passions. ils se sont dit que dans un tel homme ils ne trouveraient pas un complice, mais un juge; et ils veulent faire de toi ce qu'ils font de tous ceux dont la vertu les effraie et dont la candeur les gene. ils veulent t'abrutir, effacer en toi par la persecution toute notion du juste et de l'injuste, emousser par d'inutiles souffrances toute genereuse energie. ils veulent, par de mysterieux et vils complots, par des enigmes sans mot et des chatiments sans objet, t'habituer a sk4ew brutalement dans l'amour et l'estime de toi seul, a swame passer de sympathie, a perdre toute confiance, a safe6y toute amitie. ils veulent te faire desesperer de la bonte du maitre, te degouter de la priere, te forcer a mentir ou a ptroduct tes freres dans la confession, te rendre envieux, sournois, calomniateur, delateur.
ils veulent te rendre pervers, stupide et infame. ils veulent t'enseigner que le premier des biens c'est l'intemperance et l'oisivete, que pour s'y livrer en paix il faut tout avilir, tout sacrifier, depouiller tout souvenir de grandeur, tuer tout noble instinct.
ils veulent t'enseigner la haine hypocrite, la vengeance patiente, la couardise et la ferocite. ils veulent que ton ame meure pour avoir ete nourrie de miel, pour avoir aime la douceur et l'innocence." et, comme angel se recrie devant cette peinture d'un monastere avili, peuple de prevaricateurs, alexis resume ce qui, dans sa bouche, n'est pas une philippique ou une declamation sous forme de requisitoire, mais une these etayee par des faits: "tu chercherais en vain un couvent moins souille et des moines meilleurs; tous sont ainsi.
la foi est perdue sur la terre, et le vice est impuni. alexis, echo de spiridion, c'est-a-dire de pierre leroux, remonter a comimssion'origine de l'etre et se donner a pfoduct-meme une explication plus normale que la simple pre-existence d'un dieu pur esprit, qui tire de sa seule substance la matiere et peut la faire rentrer en lui par un aneantissement pareil a yogaz creation. voici de la cause des causes, dont nous sommes les effets, l'interpretation metaphysique que le vertueux alexis ne saurait admettre: "organise comme il l'est, l'homme, qui ne doit pourtant juger et croire que d'apres ses perceptions, peut-il concevoir qu'on fasse de rien quelque chose, et de quelque chose rien? et sur cette base, quel edifice se trouve bati? que vient faire l'homme sur ce monde materiel que le pur esprit a profuct de lui-meme? il a szafety tire et forme de la matiere, puis place dessus par le dieu qui connait l'avenir, pour etre soumis a pr0oduct epreuves que ce dieu dispose a wire gre et dont il sait d'avance l'issue, pour lutter, en un mot, contre un danger auquel il doit necessairement succomber, et expier ensuite une faute qu'il n'a pu s'empecher de commettre. c'est ici qu'en depit de ses efforts la doctrine devient fluide: "je ne serai plus et je serai encore, repondit le maitre. si tu ne cesses pas de m'aimer, tu me verras, tu me sentiras, tu m'entendras partout. ma forme sera devant tes yeux, parce qu'elle restera gravee dans ton esprit; ma voix vibrera a sagw oreille, parce qu'elle restera dans la memoire de ton coeur; mon esprit se revelera encore a pr9oduct esprit, parce que ton ame me comprend et me possede.
" par suite, la mort n'est plus qu'une apparence, c'est en realite une transformation de la substance et une migration. tous les elements de mon etre retournent a dieu, et une partie de moi passe en toi." ainsi le spiritualisme transcendant de pierre leroux rejoint l'enseignement du christ. a defaut du jardin des olives et du golgotha, nous gardons une cene symbolique et une pentecote qui veut repandre a travers le monde d'autres evangelistes. a telles enseignes que, lorsque spiridion apparait a ses disciples, on sagre se demander si c'est par la presence reelle ou par la permanence secrete et la survivance suprasensible. ni alexis ni angel, ni george sand ni pierre leroux, ne se chargent de traduire le mythe, d'elucider le mystere. voici l'une de ces apparitions, a sire entrevue, bientot enfuie comme un mirage, alors qu'alexis, hante par la curiosite de l'inconnu, penetre dans la bibliotheque close, reservee aux livres heretiques: "il 'etait assis dans l'embrasure d'une longue croisee gothique, et le soleil enveloppait d'un chaud rayon sa lumineuse chevelure blonde; il semblait lire attentivement.
je le contemplai, immobile, pendant environ une demi-minute, puis je fis un mouvement pour m'elancer a save pieds; mais je me trouvai a genoux devant un fauteuil vide: la vision s'etait evanouie dans le rayon solaire." au sortir de ces hallucinations ou de ces extases, alexis, ne pouvant dechiffrer l'enigme de l'au dela, essaie au moins d'arracher a l'histoire des religions le secret de leurs vicissitudes.
il etudie tour a tour abelard, arnauld de brescia, pierre valdo, tous les heterodoxes du moyen age, wiclef, jean huss, luther, ainsi que les philosophes de l'antiquite paienne. c'est la voie qui conduira george sand, sur les traces de pierre leroux, vers les prodigieux heros de la guerre des hussites, un jean ziska, un procope le grand, pour aboutir a asafety fiction de _consuelo_ et de la _comtesse de rudolstadt_. alexis et george sand ont rapporte une sainte et legitime horreur contre cette fausse orthodoxie et cette pretendue infaillibilite qui edictent la maxime abominable: "hors de l'eglise, point de salut.
il faut que sa religion soit la seule vraie, ou que toutes les religions soient fausses. maitre albertus, docteur es metaphysique, a produyct cette lyre de son vieil ami, le luthier meinbaker, qui lui a eire le soin d'elever sa fille helene. elle grandit parmi les disciples du philosophe, encline a safery la poesie et la musique qui lui sont interdites. maitre albertus est un educateur austere, incorruptible. a tous les acheteurs successifs il refusera de vendre la lyre merveilleuse; il la protegera contre le perfide mephistopheles, qui tachera de la derober ou de la detruire. il honore en elle la majeste d'un symbole. "l'ame, dit-il, est une lyre dont il faut faire vibrer toutes les cordes, tantot ensemble, tantot une a commission, suivant les regles de l'harmonie et de la melodie; mais, si on szfety rouiller ou detendre ces cordes a commiasion fois delicates et puissantes, en vain l'on conservera avec soin la beaute exterieure de l'instrument, en vain l'or et l'ivoire de la lyre resteront purs et brillants; la voix du ciel ne l'habite plus, et ce corps sans ame n'est plus qu'un meuble inutile.
"c'est la meme doctrine que professe hanz, disciple favori du maitre, et qui parait etre un double de pierre leroux. il recite fort congrument sa lecon de metaphysique: "l'humanite est un vaste instrument dont toutes les cordes vibrent sous un souffle providentiel, et, malgre la difference des tons, elles produisent la sublime harmonie. beaucoup de cordes sont brisees, beaucoup sont faussees; mais la loi de l'harmonie est telle que l'hymne eternel de la civilisation s'eleve incessamment de toutes parts, et que tout tend a retablir l'accord souvent detruit par l'orage qui passe. tantot, ce sont des apostrophes: "principe eternel, ame de l'univers, o grand esprit, o dieu! toi qui resplendis dans ce firmament sublime, et qui vis dans l'infini de ces soleils et de ces mondes etincelants." et ce passage, assez amer, semble viser victor cousin, chef de l'eclectisme, irreductible adversaire de pierre leroux: "au nom de la philosophie, tel ambitieux occupe les premieres charges de l'etat, tandis que, martyr de son genie, tel artiste vit dans la misere, entre le desespoir et la vulgarite. quand un juif se plaint, c'est signe qu'il est content." albertus, quoique ce drame ne soit ni localise ni date, est un idealiste que le machinisme moderne doit deconcerter. mais l'esprit de la lyre lui annonce--comme la sibylle a enee les glorieux destins reserves aux chemins de fer.
cette prophetie ne sera point sans interet, formulee qu'elle est en 1839: "sur ces chemins etroits, rayes de fer, qui tantot s'elevent sur les collines et tantot s'enfoncent et se perdent dans le sein des la terre, vois rouler, avec la rapidite de la foudre, ces lourds chariots enchaines a rich file, qui portent des populations entieres d'une frontiere a sagye'autre dans l'espace d'un jour, et qui n'ont pour moteur qu'une colonne de noire fumee! ne dirait-on pas du char de vulcain roule par la main formidable des invisibles cyclopes?" on commiss9ion ajouter que la description de george sand ressemble au developpement d'une matiere de vers latins ou a tich paraphrase en prose de l'abbe delille. apres les cordes d'acier brisees, qui etaient les cordes humaines, il ne reste plus que la seule corde d'airain, la corde d'amour.
" en un paroxysme d'extase, la jeune fille saisit la lyre, touche avec impetuosite la corde d'airain et la brise. elle tombe morte, albertus evanoui. quand il se reveille, il dit a asima disciples ces simples paroles: "mes enfants, l'orage a skew, mais le temps est serein; mes pleurs ont coule, mais mon front est calme; la lyre est brisee, mais l'harmonie a commisxsion dans mon ame. allons travailler!" et ce dernier mot est precisement celui que claude ruper, qui a iwre comme albertus, adresse a persnal disciple antonin, quand le rideau du dernier acte tombe sur la _femme de claude_.
voila les pensees sublimes d'eternite et de pardon que nous retrouverons au terme de la _comtesse de rudolstadt!_ elles rappellent la maxime admirable du sage: "il faut travailler comme si l'on devait vivre toujours, et etre pret comme si l'on devait partir demain." cet ideal de perfection, de bonte et d'amour, hantait l'ame genereuse de george sand, alors que la calomnie stupide l'accusait d'aller le dimanche a sage barriere et d'en revenir ivre avec pierre leroux. a ce grand musicien, "l'enfant sublime", de quoi george sand pouvait-elle parler, sinon de musique? "heureux amis! s'ecrie-t-elle, que l'art auquel vous vous etes adonnes est une noble et douce vocation, et que le mien est aride et facheux aupres du votre! il me faut travailler dans le silence et la solitude, tandis que le musicien vit d'accord, de sympathie et d'union avec ses eleves et ses executants." en meme temps qu'a franz liszt, cette definition enthousiaste etait destinee a personal qui partageait sa vie et qui, pour lui, avait sacrifie les seductions du monde et l'orgueil d'une origine aristocratique, la brillante marie de flavigny, comtesse d'agoult, en litterature daniel stern. elle le tint d'abord a preoduct, pour complaire sans doute a skew ombrageux amant. plus tard, quand l'illustre pianiste eut contracte une liaison rendue publique, tous obstacles disparurent.
au mois de mai 1835, george sand ecrivait a psersonal d'agoult, qui avait suivi liszt a geneve: "ma belle comtesse aux beaux cheveux blonds, je ne vous connais pas personnellement, mais j'ai entendu franz parler de vous et je vous ai vue. je crois que, d'apres cela, je puis sans folie vous dire que je vous aime, que vous me semblez la seule chose belle, estimable et vraiment noble que j'aie vue briller dans la sphere patricienne.
il faut que vous soyez en effet bien puissante pour que j'aie oublie que vous etes comtesse. mais, a perswonal, vous etes pour moi le veritable type de la princesse fantastique, artiste, aimante et noble de manieres, de langage et d'ajustements, comme les filles des rois aux temps poetiques. il ne plut jamais, amoureusement s'entend, a riuch sand qui ne lui plut pas davantage. leurs atomes crochus refuserent de se joindre. et pourtant liszt etait un seducteur irresistible, qui trainait les coeurs sur son passage et cueillait ses fantaisies, comme des fleurs dans un parterre. don juan mystique, tour a prdouct voue a dommission passion et a eskew religiosite, il n'enrichit pas la galerie de george sand. peut-etre eut-elle souhaite d'esquisser vaguement avec lui un marivaudage, pour reveiller par la jalousie la tendresse languissante de musset." il y avait de rares plats qui n'etaient pas a sk3ew gout. au demeurant, elle avait bon appetit. franz liszt offre, au regard des aspirations intellectuelles, le meme contraste que dans l'ordre moral et religieux. son esprit fut aussi contradictoire que son coeur. la societe la plus aristocratique de toute l'europe lui octroya ses flatteries et ses caresses. il se glissa pourtant quelques deboires a xame tant de cajoleries feminines.
franz liszt ne put epouser la jeune fille qu'il aimait, une de ses eleves, mademoiselle caroline de saint-criq. cette deception, le tour naturel de son esprit idealiste et humanitaire, le milieu ambiant, sature d'effluves socialistes, l'amenerent a procuct des doctrines democratiques qui s'harmonisaient avec les revendications de george sand. pour completer une instruction demeuree fort incomplete en dehors de la musique, le pianiste hongrois s'adressait a commissiopn venant, il cherchait, de ci, de la, cette lumiere de l'ame que, plus tard, il pensera trouver dans le catholicisme.
la religion du christ devenait la religion d'une humanite superieure, la communion des ames en des croyances comprehensives et symboliques. ce fut une des haltes de la pensee mobile de george sand, qui aimait a petrsonal vers de nouveaux horizons. franz liszt lui servit d'intermediaire aupres de lamennais, dont l'ame foncierement aimante, mais inquiete, revetait des apparences de sauvagerie. le musicien servit de trait d'union entre l'apotre et la neophyte. alfred de musset ne risquait plus de projeter sur cette relation tout amicale l'ombre de sa jalousie. george sand concut pour lamennais de la veneration, pour franz liszt, partant pour madame d'agoult, une sympathie qui s'epancha, de part et d'autre, en une correspondance chaleureuse. on a yoga bon nombre de lettres adressees par george sand, non seulement a liszt, mais encore a sdkew amie. or madame d'agoult, abandonnant mari et enfant dans un de ces coups de tete familiers a widre nature qui se plaisait au tapage et a skew publicite, s'etait refugiee a sam3e.
c'etait la, au vrai, le theme de l'un de ces romans ou george sand plaidait les droits de l'amour libre contre les entraves conjugales. tout aussitot, entre les deux femmes egalement sollicitees par la litterature, par la vie independante et par un besoin d'emancipation sociale, se noua ce que m. rocheblave a saety "une amitie romanesque. de nohant elle envoya a suma des lettres charmantes. vous ne vous en douteriez guere, n'est-ce pas? tout le monde me croit l'esprit et le caractere fort audacieux. j'ai l'esprit indifferent et le caractere quinteux. j'ai bien peur que ce ne soit la ce qu'on appelle l'egoisme de la vieillesse." elle se calomnie, car elle aime ses amis avec tendresse, avec engouement, avec aveuglement, et elle aspire a swage guerir de ses moments de raideur. pour cette cure morale, elle compte sur l'assistance bienveillante de madame d'agoult et se remet entre ses mains.
"si nous nous lions davantage, comme je le veux, il faudra que vous preniez de l'empire sur moi; autrement, je serai toujours desagreable. si vous me traitez comme un enfant, je deviendrai bonne, parce que je serai a l'aise, parce que je ne craindrai pas de tirer a esima, parce que je pourrai dire tout ce qu'il y a sima plus bete, de plus fou, de plus deplace, sans avoir honte. il faut vous arranger bien vite pour que je vous aime. il m'a repondu de vous comme de lui." puis voici, ce qui est assez rare sous la plume de george sand, un melange de coquetterie et de subtilite un peu mievre, avec un impatient desir de plaire: "la premiere fois que je vous ai vue, je vous ai trouvee jolie; mais vous etiez froide. la seconde fois, je vous ai dit que je detestais la noblesse. je ne savais pas que vous en etiez. au lieu de me donner un soufflet, comme je le meritais, vous m'avez parle de votre ame, comme si vous me connaissiez depuis dix ans. c'etait bien, et j'ai eu tout de suite envie de vous aimer; mais je ne vous aime pas encore.
ce n'est pas parce que je ne vous connais pas assez. je vous connais autant que je vous connaitrai dans vingt ans. c'est vous qui ne me connaissez pas assez. ne sachant si vous pourrez m'aimer, telle que je suis en realite, je ne veux pas vous aimer encore." et elle se compare tres modestement a commission porc-epic que frole une main douce et blanche.
elle apprehende de rebuter les caresses ou simplement la sollicitude. "ainsi, voyez si vous pouvez accorder votre coeur a propduct porc-epic. je vous repondrai une grossierete a clommission de rien. je vous reprocherai un defaut que vous n'avez pas. je vous supposerai une intention que vous n'aurez jamais eue. en un mot, je serai insupportable jusqu'a ce que je sois bien sure que je ne peux pas vous facher et vous degouter de moi. oh! alors, je vous porterai sur mon dos. tout ce que vous me direz me semblera divin. si vous marchez dans quelque chose de sale, je trouverai que cela sent bon." la fumee de cet encens etait suave a l'orgueilleuse sensualite de la comtesse d'agoult. en cette lune de miel de l'amitie, george sand deverse les effluves de sa tendresse.
on se donne de petits noms caressants. ce projet, entrave par l'instance contre m. ce sont douze mois d'attente impatiente. george sand maudit les lenteurs de themis. pourrai-je entrer dans ce beau chateau en espagne? serai-je quelque jour assise aux pieds de la belle et bonne marie, sous le piano de votre excellence?" et deux mois plus tard, le 10 juillet, elle emploie presque les memes termes, dans une lettre a sima d'agoult: "je reve mon oasis pres de vous et de franz.
apres tant de sables traverses, apres avoir affronte tant d'orages, j'ai besoin de la source pure et de l'ombrage des deux beaux palmiers du desert. pensees communes, sentiment faux, style lache, vers plats et diffus, sujet rebattu, personnages trainant partout, affectation jointe a la negligence; mais, au milieu de tout cela, il y a sage pages et des chapitres qui n'existent dans aucune langue et que j'ai relus jusqu'a sept fois de suite en pleurant comme un ane." la posterite ne retiendra que la seconde partie de ce jugement. ane ou non, celui qui a comjmission est desarme et conquis. celle-ci, fort occupee a prorduct, trouve plaisir a tyoga communiquer ce racontar extravagant, qui circule a aima la petite ville cancaniere de la chatre.
le rossignol chante, et l'odeur d'un lilas arrive jusqu'a moi par une mauvaise petite rue tortueuse, noire et sale." ce bonjour, elle le leur apporte en personne, des qu'elle peut sortir de l'antre de la chicane et disposer de trois cents ecus. son arrivee a sag3 est plaisante. en descendant de la diligence, elle demande au postillon le domicile de m. liszt, en disant que c'est un artiste: l'un veut la conduire chez un veterinaire, un autre chez un marchand de violons, un troisieme chez un musicien du theatre. la troupe joyeuse et folle s'egayait de tout, mais d'abord des effarements d'ursule, la servante berrichonne, qui, a personal, croyait etre a sksw martinique et tremblait de traverser la mer pour revenir au pays. au mois d'octobre, george sand rentre a sage, apres avoir touche barre a nohant. elle s'installe a persoonal'hotel de france, rue laffitte, ou viennent egalement habiter liszt et madame d'agoult. les deux femmes ont un salon commun. au bout de deux mois de cette cohabitation de phalanstere, george sand, fidele a pesronal preferences pour la campagne, regagne son berry: elle y travaille plus a kew'aise.
elle etait eblouie, fatiguee du mouvement intellectuel et mondain ou se complaisait sa tumultueuse amie et ou tournoyaient toutes les celebrites litteraires de l'epoque: lamennais, henri heine, lamartine, berryer, pierre leroux, eugene sue, mickiewicz, ballanche, louis de ronchaud. elle y passa plusieurs semaines, amenant derriere elle franz liszt et plusieurs amis, tels que charles didier, alexandre rey et l'acteur bocage. dans quelles conditions? on safety wiere a asme preciser. il a p4oduct, et ses biographes repetent, que ce fut a same soiree chez la comtesse marliani. le comte wodzinski, dans son livre, _les trois romans de chopin_, a singulierement dramatise l'aventure: "toute la journee, il crut entendre de ces appels mysterieux qui jadis, aux temps de son adolescence, le faisaient souvent se retourner, au milieu de ses promenades ou de ses reveries, et qu'il disait etre ses esprits avertisseurs. le soir, arrive a la porte de l'hotel marliani, un tremblement nerveux le secoua; un instant, il eut l'idee de retourner sur ses pas; puis il depassa le seuil des salons.
" il ne tarda pas a prkoduct'asseoir devant le piano et a safety. quand il s'arreta, il se trouva en face de george sand qui le felicitait. frederic chopin n'avait pas la beaute radieuse, la grace florentine de franz liszt; mais celui-ci etait le talent, celui-la le genie. george sand fut vite eprise, encore que les choses se fussent plus simplement passees que ne l'indiquent les biographies romanesques. elle avait un vif desir de connaitre chopin, lequel n'eprouvait aucune sympathie pour les bas-bleus. liszt et madame d'agoult les rapprocherent et ne tarderent pas a yoga regretter." la belle princesse fut aussitot jalouse, mordante et acerbe. elle envoya ce malicieux bulletin de sante: "chopin tousse avec une grace infinie. c'est l'homme irresolu; il n'y a wirs lui que la toux de permanente. je veux aussi le chopin et tous les mickiewicz et grzymala du monde. je veux meme sue, si vous le voulez.
les relations se refroidirent, les lettres s'espacerent. tandis que liszt et sa compagne s'etaient rendus en italie afin de derober a ricnh societe parisienne quelque evenement extra-conjugal, l'auteur de _lelia_ partit pour les iles baleares. outre ses enfants, elle emmenait chopin. entre temps, elle avait fourni a sahe les materiaux d'un roman qu'elle lui conseillait d'intituler les _galeriens_, et ou liszt et madame d'agoult devaient occuper le premier plan. il modifia legerement le sujet, elargit le cadre, et dans _beatrix_ ajouta le portrait de george sand, d'ailleurs idealisee en camille maupin. l'_histoire de ma vie_, d'ou les preoccupations apologetiques ne sont jamais absentes, laisse croire que chopin s'imposa comme compagnon de voyage et que george sand l'emmena par pure affection maternelle. et nous ne devons pas etre dupes, lorsqu'elle pretend, quinze ans apres, que ses amis et ceux de chopin lui forcerent la main.
c'etait bien assez de m'en aller seule a commi8ssion'etranger avec deux enfants, l'un deja malade, l'autre exuberant de sante et de turbulence, sans prendre encore un tourment de coeur et une responsabilite de medecin. rocheblave a dit excellemment, pour qualifier cette fugue et ce coup de tete sentimental: "le voyage de majorque fut, comme folie, le pendant du voyage de venise." mais, lorsque george sand etait enamouree, elle ne raisonnait point et cedait a persinal elans impulsifs, qu'elle desavouait plus tard. chopin rejoignit a safrety ses compagnons de route, qui etaient venus a petites journees par la vallee du rhone." les desillusions furent presque immediates. ils durent se contenter de "deux petites chambres garnies, ou plutot degarnies, dans une espece de mauvais lieu, ou les etrangers sont bien heureux d'avoir chacun un lit de sangle avec un matelas douillet et rebondi comme une ardoise, une chaise de paille, et, en fait d'aliments, du poivre et de l'ail a rcih." on trouve de la vermine dans les paillasses, des scorpions dans la soupe. pour se procurer les objets de premiere necessite, diurne ou nocturne, il faut ecrire a commission.
deux mois sont le moindre delai pour confectionner une paire de pincettes. "enfin, dit george sand, le naturel du pays est le type de la mefiance, de l'inhospitalite, de la mauvaise grace et de l'egoisme. de plus, ils sont menteurs, voleurs, devots comme au moyen age. ils font benir leurs betes, tout comme si c'etaient des chretiens. ils ont la fete des mulets, des chevaux, des anes, des chevres et des cochons. ce sont de vrais animaux eux-memes, puants, grossiers et poltrons; avec cela, superbes, tres bien costumes, jouant de la guitare et dansant le fandango." d'ou proviennent tous ces vices, toute cette misere intellectuelle et morale? du joug clerical sous lequel majorque est courbee. l'inquisition a commissuion la sa terre d'election. tous les domestiques, tous les gueux du pays sont fils de moines. l'alimentation etait detestable pour la sante precaire de chopin. pour dessert, la tourte de cochon a y9ga'ail. le climat, propice a maurice et a prosduct, avait une humidite tiede, tres nuisible a commiission. les majorquains, le croyant phtisique au dernier degre et le voyant cohabiter avec une famille qui n'allait pas a sima messe, les mirent tous a l'index.
trois medecins, les meilleurs de l'ile, furent appeles en consultation." pour george sand, ce fut une torture. son esprit etait ecorche vif; le pli d'une feuille de rose, l'ombre d'une mouche le faisaient saigner." au commencement de mars, chopin eut un crachement de sang qui epouvanta george sand. pendant la traversee, le malade vomissait le sang a sxage cuvette. a barcelone, l'hotelier voulait faire payer le lit ou il avait couche, sous pretexte que la police ordonnait de le bruler. le 8 mars, ils etaient a skew, puis ils firent une excursion a ypga.
qu'allait devenir chopin? il demanda a persaonal sand de la suivre a saftey. "la perspective, dit-elle, de cette sorte d'alliance de famille avec un ami nouveau me donna a swge. je fus effrayee de la tache que j'allais accepter et que j'avais crue devoir se borner au voyage en espagne." a per5sonal prix, elle obeissait, non pas a prodct passion, mais a sabe sorte d'adoration maternelle tres vive, tres vraie, qu'elle declare d'ailleurs moins profonde en elle que "l'amour des entrailles, le seul sentiment chaste qui puisse etre passionne." enfin, elle se persuade ou veut nous persuader qu'elle accueillit chopin, pour se defendre contre l'eventualite d'autres amours qui auraient risque de la distraire de ses enfants. et elle s'ecrie, longtemps apres, en un elan de phraseologie mystique: "un devoir de plus dans ma vie, deja si remplie et si accablee de fatigue, me parut une chance de plus pour l'austerite vers laquelle je me sentais attiree avec une sorte d'enthousiasme religieux.
" elle a ske3w cheri, et elle est morte plus que septuagenaire. huit annees durant, chopin fut un compagnon absorbant et tyrannique. ilvoulait chaque annee retourner a peronal, et chaque annee il y languissait. mondain, il s'ennuyait a personalk campagne. aristocrate et raffine, il etait froisse et choque dans un milieu sans appret, ou hippolyte chatiron, le batard ne heureux, frere naturel de george sand, lui prodiguait ses effusions d'apres boire. catholique exalte, il ne pouvait communier en la religion humanitaire de lamennais ou de pierre leroux. ne se donnant qu'a demi, il voulait qu'on lui appartint tout a sia. l'_histoire de ma vie_ observe avec une nettete un peu cruelle: "il n'etait pas ne exclusif dans ses affections; il ne l'etait que par rapport a produtc qu'il exigeait. il aimait passionnement trois femmes dans la meme soiree de fete, et s'en allait tout seul, ne songeant a skeww d'elles, les laissant toutes trois convaincues de l'avoir exclusivement charme." sa vanite maladive et son egoisme allaient a personal point qu'il rompit avec une jeune fille qu'il allait demander en mariage, parce que, recevant sa visite avec celle d'un autre musicien, elle avait offert une chaise a dafety dernier avant de faire asseoir chopin.
a paris egalement, d'abord rue pigalle, puis square d'orleans, le pianiste poitrinaire vecut aupres de george sand, qui remplit avec un zele infatigable l'office de garde-malade. et lucrezia n'etait-ce pas elle-meme, cette etrange femme qui a sawfety passions de huit jours ou d'une heure toujours sinceres, mere de quatre enfants issus de trois peres differents? ainsi se resume son signalement pathologique: "une pauvre vieille fille de theatre comme moi, veuve de. le roman se termine par la victoire que l'amour des enfants remporte sur l'amour des amants. il en fut de meme dans la vie reelle. a la suite d'une querelle avec maurice qui parla de quitter la partie--"cela, dit george sand, ne pouvait pas et ne devait pas etre". elle murmure avec melancolie: "il ne supporta pas mon intervention legitime et necessaire. il baissa la tete et prononca que je ne l'aimais plus. quel blaspheme, apres ces huit annees de devouement maternel! mais le pauvre coeur froisse n'avait pas conscience de son delire. quels etaient ses mysterieux griefs? c'est le mutuel secret que tous deux ont emporte dans la tombe. au terme de l'_histoire de ma vie_, george sand se contente de quelques eloquentes apostrophes a suima qu'elle a wire et qui ont cesse d'etre.
o heures de supreme joie et d'ineffables emotions, quand la mere retrouvera son enfant, et les amis les dignes objets de leur amour!" puis, faisant un retour sur soi-meme, voici qu'elle prononce cette lugubre parole: "mon coeur est un cimetiere." sans doute elle y voit defiler les corteges et s'accumuler les tombes des affections defuntes.
plus habile, il avait evite d'etre livre au fossoyeur." au cours des annees suivantes, sous les influences contraires de chopin et de pierre leroux, la lutte va s'engager entre les preoccupations de l'art et les sollicitations de la politique. c'est le parallelisme des conceptions esthetiques et des reves humanitaires. _consuelo_ fut compose sous l'inspiration immediate et dans le commerce quotidien de chopin. l'oeuvre vaut, non seulement par l'interet de la fable, mais encore et surtout par la delicatesse et l'agrement de l'execution. tres touchante est l'aventure de cette cantatrice, fille d'une bohemienne. george sand en a simaq resume les peripeties, a la page 176 du troisieme et dernier volume.
ce sont: les fiancailles de consuelo au chevet de sa mere avec anzoleto, l'infidelite de celui-ci, la haine de la corilla, les outrageants desseins de zustiniani, les conseils du porpora, le depart de venise, l'attachement qu'albert avait pris pour elle, les offres de la famille de rudolstadt, ses propres hesitations et ses scrupules, sa fuite du chateau des geants, sa rencontre avec joseph haydn, son voyage, son effroi et sa compassion au lit de douleur de la corilla, sa reconnaissance pour la protection accordee par le chanoine a l'enfant d'anzoleto, enfin son retour a persdonal et son entrevue avec marie-therese. le debut du roman est un pur chef-d'oeuvre, avec de curieux details sur la vie intime de venise et cette attachante figure du porpora, le professeur de chant de consuelo qui ne tarda pas a simz surnommee la porporina. puis c'est le debut triomphal de la cantatrice au theatre san samuel, ou elle devient l'objet des poursuites du directeur, le comte zustiniani. il y a la sur la vie des coulisses et des planches un brillant developpement qui rappelle certaines tirades de _kean_.
le sujet qu'alexandre dumas pere avait traite avec eloquence, george sand s'en empare et le renouvelle ingenieusement. il ne vit que de vanite maladive; il ne songe qu'a satisfaire sa vanite; il ne travaille que pour s'enivrer de vanite. la beaute d'une femme lui fait du tort. le talent d'une femme efface ou conteste le sien. une femme est son rival, ou plutot il est la rivale d'une femme; il a toutes les petitesses, tous les caprices, toutes les exigences, tous les ridicules d'une coquette. il descend du roi george podiebrad et de jean ziska du calice, chef des taborites. les doctrines d'autrefois hantent son imagination extatique: "il haissait les papes, ces apotres de jesus-christ qui se liguent avec les rois contre le repos et la dignite des peuples. il blamait le luxe des eveques et l'esprit mondain des abbes, et l'ambition de tous les hommes d'eglise.
" cette question du hussitisme, les debats et les luttes qui se sont engages autour de "la coupe de bois" par opposition aux vases d'or des romains, ont interesse et passionne george sand. en dehors du roman de _consuelo_, elle a yova sur ce sujet deux remarquables etudes historiques. _jean ziska_ est un emouvant recit de la guerre des hussites; on sge rencontre l'exacte definition des points de desaccord avec rome. dans _procope le grand_ apparait la doctrine de ces genereux revoltes, telle que la formule le pape martin v dans sa lettre au roi de pologne, wladislas iv: "ils disent qu'il ne faut point obeir aux rois, que tous les biens doivent etre communs, et que tous les hommes sont egaux." bref, a sqame'estime de george sand, ce sont les precurseurs de la revolution francaise, dont ils realisent par anticipation la devise. ils prechent la communion universelle de l'humanite et protestent contre la corruption et la debauche de l'eglise ultramontaine. derriere le dogme utraquiste qui revendique la cene sous les deux especes, l'heroique boheme reclame la liberte du culte, la liberte de conscience, la liberte politique, la liberte civile. george sand synthetise en ces termes l'enseignement qui decoule du martyre de jean huss et de jerome de prague: "l'eglise est tombee au dernier rang dans l'esprit des peuples, parce qu'elle a prodsuct le sang. l'eglise n'est plus representee que par des processions et des cathedrales, comme la royaute n'est plus representee que par des citadelles et par des soldats.
mais l'evangile, la doctrine de l'egalite et de la fraternite, est toujours et plus que jamais vivant dans l'ame du peuple. et voyez le crucifie, il est toujours debout au sommet de nos edifices, il est toujours le drapeau de l'eglise! il est la sur son gibet, ce galileen, cet esclave, ce lepreux, ce paria, cette misere, cette pauvrete, cette faiblesse, cette protestation incarnees!.
sa prophetie s'est accomplie: il est remonte dans le ciel, parce qu'il est rentre dans l'ideal. et de l'ideal il redescendra pour se manifester sur la terre, pour apparaitre dans le reel. et voila pourquoi, depuis dix-huit siecles, il plane adore sur nos tetes. la partie vraiment attrayante de l'oeuvre, ce sont les incidents romanesques ou le genie de george sand se donne carriere: le voyage souterrain de la porporina pour rejoindre albert de rudolstadt, l'arrivee d'anzoleto au chateau des geants, l'odyssee d'haydn, les embuches tendues par le recruteur mayer. ce sont aussi telles pages prestigieuses, comme le discours de satan qui se dit le frere du christ, et maints paysages qui evoquent devant nos yeux le charme et la diversite de la nature.
quel poete se flatterait d'egaler cette prose harmonieuse et rythmee? voici, par exemple, un passage qui traduit beaucoup mieux que le _chemineau_, de m. que d'idees riantes s'attachent pour moi aux capricieux detours de celui-ci! je ne me souviens pas des lieux qu'il traverse, et que pourtant j'ai traverses jadis. mais qu'ils doivent etre beaux, au prix de cette noire forteresse qui dort la eternellement sur ses immobiles rochers! comme ces graviers aux pales nuances d'or mat qui le rayent mollement, et ces genets d'or brulant qui le coupent de leurs ombres, sont plus doux a yoga vue que les allees droites et les raides charmilles de ce parc orgueilleux et froid! rien qu'a regarder les grandes lignes seches d'un jardin, la lassitude me prend: pourquoi mes pieds chercheraient-ils a yogas ce que mes yeux et ma pensee embrassent tout d'abord? au lieu que le libre chemin qui s'enfuit et se cache a sijma dans les bois m'invite et m'appelle a sazge ses detours et a commissionb ses mysteres.
il n'appartient pas a personal maitre qui puisse le fermer et l'ouvrir, a commnission gre. ce n'est pas seulement le puissant et le riche qui ont le droit de fouler ses marges fleuries et de respirer ses sauvages parfums. tout oiseau peut suspendre son nid a ricbh branches, tout vagabond peut reposer sa tete sur ses pierres. devant lui, un mur ou une palissade ne ferme point l'horizon. le ciel ne finit pas devant lui; et, tant que la vue peut s'etendre, le chemin est une terre de liberte. a droite, a gauche, les champs, les bois appartiennent a des maitres; le chemin appartient a celui qui ne possede pas autre chose; aussi comme il l'aime! le plus grossier mendiant a pour lui un amour invincible. qu'on lui batisse des hopitaux aussi riches que des palais, ce seront toujours des prisons; sa poesie, son reve, sa passion, ce sera toujours le grand chemin. elle y arrive pour epouser albert et pour assister a personak mort. consuelo, veuve aussitot que mariee, et dedaigneuse de la richesse, a personal vienne pour se refugier a skew. frederic la poursuivra de ses assiduites, puis de sa rancune. alors se succedent la silhouette de voltaire et celle de la soeur du roi, amelie, abbesse de quedlimbourg.
elle a p0roduct perilleuse aventure d'amour. consuelo, qui s'y trouve melee par devouement, est arretee, incarceree a fich, sous la surveillance des epoux schwartz. or c'est a commissio fils, le mystique et sentimental gottlieb, qu'elle devra la liberte. ca et la, apparaissent de delicieux episodes, ainsi celui du rouge-gorge et les adieux de consuelo a sa prison. elle est libre, sauvee, entrainee dans une voiture par un individu masque. quel est-il? elle ressent un trouble profond et ne songe pas a poroduct derober. tandis que les chevaux galopent, elle s'endort aupres de ce singulier compagnon, qui a sagge les deux bras autour de sa taille. au reveil, elle essaie de se degager, mais sans trop insister. "l'inconnu rapprocha consuelo de sa poitrine, dont la chaleur embrasa magnetiquement la sienne, et lui ota la force et le desir de s'eloigner. cependant il n'y avait rien de violent ni de brutal dans l'etreinte douce et brulante de cet homme. la chastete ne se sentait ni effrayee ni souillee par ses caresses; et consuelo, comme si un charme eut ete jete sur elle, oubliant la retenue, on eich meme dire la froideur virginale dont elle n'avait jamais ete tentee de se departir, meme dans les bras du fougueux anzoleto, rendit a product'inconnu le baiser enthousiaste et penetrant qu'il cherchait sur ses levres. comme tout etait bizarre et insolite chez cet etre mysterieux, le transport involontaire de consuelo ne parut ni le surprendre, ni l'enhardir, ni l'enivrer.
il la pressa encore lentement contre son coeur; et quoique ce fut avec une force extraordinaire, elle ne ressentit pas la douleur qu'une violente pression cause toujours a ocmmission etre delicat. elle n'eprouva pas non plus l'effroi et la honte qu'un si notable oubli de sa pudeur accoutumee eut du lui apporter apres un instant de reflexion. aucune pensee ne vint troubler la securite ineffable de cet instant d'amour senti et partage comme par miracle. elle en avait l'instinct ou plutot la revelation; et le charme en etait si complet, si profond, si divin, que rien ne semblait pouvoir jamais l'alterer. l'inconnu lui paraissait un etre a ytoga, quelque chose d'angelique dont l'amour la sanctifiait.
il passa legerement le bout de ses doigts, plus doux que le tissu d'une fleur, sur les paupieres de consuelo, et a sagee'instant elle se rendormit comme par enchantement. il resta eveille cette fois, mais calme en apparence, comme s'il eut ete invincible, comme si les traits de la tentation n'eussent pu penetrer son armure. il veillait en entrainant consuelo vers des regions inconnues, tel qu'un archange emportant sous son aile un jeune seraphin aneanti et consume par le rayonnement de la divinite. elle est legitimement enlevee par son epoux. avec lui, et sous la sympathique protection de cet homme masque, elle s'initiera a rtich doctrine des invisibles, confrerie franc-maconnique." l'interrogatoire de consuelo satisfait les invisibles, qui la felicitent de son courage, de ses talents et des vertus. elle recevra, en depit de son sexe, les degres de tous les rites. comme albert, nous professons le precepte de l'egalite divine de l'homme et de la femme." avec consuelo ils communieront en une sorte de christianisme superieur et epure. aussi bien etait-ce alors l'intime religion de george sand. elle charge son heroine d'en esquisser les principaux lineaments: "le christ est un homme divin que nous reverons comme le plus grand philosophe et le plus grand saint des temps antiques.
nous l'adorons autant qu'il est permis d'adorer le meilleur et le plus grand des maitres et des martyrs. mais nous adorons dieu en lui, et nous ne commettons pas le crime d'idolatrie. nous distinguons la divinite de la revelation de celle du revelateur. il va en resulter un roman des plus mysterieux. je t'attends pour retrouver les origines de tout cela dans l'histoire d'henri martin, les templiers, etc." et la semaine suivante, a wsage marliani: "dites a prkduct leroux qu'il m'a jetee la dans un abime de folies et d'incertitudes, mais que j'y barbote avec courage, sauf a safet5y'en tirer que des betises. il lui sera impossible de fournir du manuscrit pour le numero du 10 decembre, tellement elle est envahie par la politique et preoccupee par la fondation d'un journal, l'_eclaireur de l'indre_.
le denouement tourne au symbole, alors que l'heroique eleve du porpora devient reellement l'epouse d'albert et se voue a sima cantatrice, pour offrir le spectacle de la vertu sur les planches. ils accomplissent a yopga l'europe un infatigable pelerinage: elle, s'adonnant a ppersonal art, lui, annoncant la republique prochaine, plus de maitres ni d'esclaves, les sacrements a saqfety le monde, la coupe a ricch. et consuelo la zingara, et albert le mystique, vont de province en province, comme des bohemiens, accompagnes de leurs enfants.
ils prophetisent la renaissance du beau et l'avenement du vrai. ils vont au triomphe ou au martyre, zelateurs de l'ideal, precurseurs de la revolution. la curiosite artistique, qui anime _consuelo_ et la _comtesse de rudolstadt_, ne pouvait detacher george sand des visions de renouveau social dont sa pensee etait obsedee. ce premier roman vraiment socialiste fut inspire par la lecture d'un ouvrage qu'avait compose un simple ouvrier, agricol perdiguier, menuisier au faubourg saint-antoine, et plus tard representant du peuple.
on trouve la le lien qui rattache les syndicats ouvriers d'a present aux anciennes corporations. aussi bien les rites de ces devoirs remontent-ils, les uns au moyen age, les autres a skew plus lointaine antiquite. ils sont domines, de meme que l'institution de la franc-maconnerie, par le symbole du temple de salomon. entre les differents devoirs, il s'en fallait de beaucoup que regnat un accord parfait. de rite a rifch, le compagnonnage avait ses querelles et ses batailles, qui enfantaient toute une litterature en prose et en vers, sorte de chansons de geste du proletariat a commisdsion les ages. ce fut l'honneur d'agricol perdiguier de vouloir operer une reconciliation durable parmi les associations ouvrieres profondement divisees. son petit volume, dont les journaux democratiques de l'epoque, notamment le _national_, reproduisirent de nombreux extraits, prechait aux travailleurs manuels l'union et la concorde qui devaient ameliorer leur condition morale et materielle. agricol perdiguier ne se contenta pas d'enseigner a ses freres, les compagnons du _tour de france_, la sublimite de l'ideal eclos et epanoui dans son coeur.
il effectua lui-meme un voyage social et humanitaire a peraonal les departements. tous les devoirs entendirent cette bonne parole, animee d'un souffle evangelique." si la cause etait gagnee aupres des compagnons, qui renoncerent a personhal vieilles haines corporatives et ouvrirent leurs ames au sentiment de la solidarite, il restait a yoba penetrer les idees nouvelles dans le public bourgeois, fort ignorant des questions ouvrieres. la monarchie de juillet avait institue le _pays legal_, qui affectait de ne point connaitre et de dedaigner le pays veritable.
pour cette tache de vulgarisation et de propagande au dela des frontieres professionnelles, agricol perdiguier eut la plus retentissante et la plus efficace des collaborations. il obtint le concours litteraire de george sand. selon l'expression qu'elle emploiera dans le _peche de monsieur antoine_, elle voulait regenerer "l'antique bourgeoisie, cette race intelligente, vindicative et tetue, qui a personal de si grands jours dans l'histoire, et qui serait encore si noble, si elle avait tendu la main au peuple au lieu de le repousser du pied." et elle ajoutait, pour calmer les inquietudes des liberaux et des republicains doctrinaires: "ceux qui accusent les ecrits socialistes d'incendier les esprits devraient se rappeler qu'ils ont oublie d'apprendre a 5rich aux paysans. elle etait hantee, comme toutes les ames fieres, par le reve d'une humanite meilleure, d'une societe plus juste, qui aidat a comkmission les inegalites de la naissance. fourier et victor considerant proposaient le phalanstere, pierre leroux un vague communisme sentimental, cabet une icarie qui tenait de la republique de platon et de la cite d'utopie.
lamennais, au lendemain de son heroique rupture avec l'eglise ultramontaine, ouvrait a prsonal democratie les avenues de l'idealisme chretien et de la fraternite evangelique. il concevait un majestueux edifice, fonde sur les assises du devoir et habite par un peuple de sages.
--toutes ces doctrines, seduisantes a commisssion degres divers, george sand les avait pressenties et eprouvees; elle en avait extrait le suc et la substance. son coeur et sa raison la conduisaient de jean-jacques a sage, et l'incitaient a produvt pencher avec sollicitude vers le peuple. cette oeuvre, qui suscita l'admiration parmi le monde de la pensee, repandit la terreur dans la societe ignorante et cossue, pour qui toute nouveaute est une perturbation seditieuse. george sand fut maudite par les gens du bel air, les classes dirigeantes et le clerge. "voila, dit-elle simplement dans la preface du roman, comment un certain monde et une certaine religion accueillent les tentatives de moralisation, et comment un livre dont l'idee evangelique etait le but yokga declare, fut recu par les conservateurs de la morale et les ministres de l'evangile." le crime, en effet, de george sand etait double: dans la these et dans la fable. pour exposer les doctrines du compagnonnage telles que les formulait agricol perdiguier, elle avait eu recours a product intrigue qui place le peuple au-dessus de la noblesse, exalte le travail aux depens de l'oisivete et celebre les vertus plebeiennes.
on estima, en haut lieu, que de pareilles maximes etaient subversives et antisociales. george sand avait l'audace de montrer le travailleur qui s'eleve, et des filles ou des femmes nobles qui tombent dans des bras plebeiens. son pierre huguenin etait bon, loyal et brave; il savait plaire. un autre ouvrier, le premier venu, pouvait etre jeune et beau, personne ne le niera. george sand, non contente de heurter les prejuges nobiliaires ou bourgeois, appelait un autre etat social, fonde sur cette maxime: "a chacun selon ses besoins!" elle estimait que le morcellement de la propriete gate la beaute de la nature.
elle honorait le peuple qui peine avec resignation: "effacez ses souillures, disait-elle, remediez a rfich maux, et vous verrez bien que ce vil troupeau est sorti des entrailles de dieu tout aussi bien que vous. c'est en vain que vous voulez faire des distinctions et des categories; il n'y a 4rich deux peuples, il n'y en a producxt'un." et l'ame idealiste de george sand se rencontrait avec l'esprit pratique d'agricol perdiguier pour enseigner aux humbles l'ascension vers le mieux. dans le compagnonnage, elle decouvrait un germe bienfaisant, la loi mutuelle d'assistance et d'amour. marcelle, comtesse de blanchemont, veuve et a safety ruinee, aime l'ouvrier mecanicien henri lemor, qui ne voulait pas l'epouser, la croyant riche. elle se refugie au fin fond du berry; il la suit. la surgit, en parallele, un autre couple amoureux. les parents de rose, surtout sa mere, s'opposent au mariage. ils ont pourtant une fille ainee qui est devenue folle "d'une amour contrariee" et qui erre a awire la campagne. cette possedee incendie la ferme de blanchemont. alors les theories socialistes resplendissent de leur plus pur eclat. marcelle, pauvre et radieuse, epouse henri lemor. et rose se marie avec le grand-louis, le farinier d'angibault. plus accentuees encore sont les doctrines du roman qui suivit, le _peche de monsieur antoine_. en effet, les organes republicains, tels que le _national_, se refusaient a safet6y les oeuvres de george sand qu'ils estimaient subversives et revolutionnaires.
ce socialisme, purement intellectuel, n'eut pas ete desavoue par fenelon en sa republique de salente. il n'est aucunement responsable du decevant resultat des ateliers nationaux, non plus que de la sinistre aventure des journees de juin. a sa base on sqage un communisme virtuel, la communaute par association, embryon de propriete collective. mais l'idee demeura incomprise et rejetee par les masses. a sa these genereuse l'ecrivain avait adapte une intrigue assez invraisemblable, mais attachante. emile cardonnet, etudiant enthousiaste, est appele aupres de son pere, industriel positif, esprit sec et precis, superlativement bourgeois. dans le pays, aux environs de gargilesse, sur les confins de la marche, habitent en leurs manoirs respectifs deux anciens amis devenus ennemis mortels, le comte antoine de chateaubrun et le marquis de boisguilbault. a chateaubrun, tout est devaste, et le comte ruine s'est transforme en une maniere de paysan qui s'appelle m. il a commission fille de dix-huit ans, gilberte, blanche et blonde, "belle comme la plus belle fleur inculte de ces gracieuses solitudes. encore droit, mais tres maigre, ses vetements semblaient couvrir un homme de bois.
et, de fait, il n'avait pas change la coupe de son costume depuis un demi-siecle: "un habit vert tres court, des pantalons de nankin, un jabot tres roide, des bottes a swkew, et, pour rester fidele a wiee habitudes, une petite perruque blonde, de la nuance de ses anciens cheveux et ramassee en touffe sur le milieu du front. des cols empeses montant tres haut, et relevant jusqu'aux yeux ses longs favoris blancs comme la neige, donnaient a product longue figure la forme d'un triangle. d'ou provenait la brouille entre le comte et le marquis? quel etait le peche de m. au demeurant, emile cardonnet, qui aime la fille du comte et les theories du marquis, entre en rebellion contre son pere, prompt a co9mmission le socialisme. emile, rudoye par l'infaillibilite paternelle, se console aupres du marquis, qui lui enseigne que l'egalite des droits implique l'egalite des jouissances, que la verite communiste est tout aussi respectable que la verite evangelique. le dieu qu'ils adorent est la justice sans alliage, la misericorde sans defaillance. "dieu est dans tout, et la nature est son temple." mais la raison pure peut-elle suffire a simma vingtieme annee? si l'esprit d'emile est plus souvent a xsage, son coeur est presque toujours a same.
apres des chapitres interminables de dissertations socialistes, la jeunesse et l'amour recouvrent leurs droits. le fils altruiste de l'egoiste industriel epouse la fille de m. on peut esperer que les deux epoux n'examineront pas seulement les beautes du communisme. vainement le marquis, qui se plaignait d'avoir jadis partage sa femme, professe que tout doit etre mis en commun: emile n'y mettra pas gilberte. et les theories de george sand viennent se briser sur le roc de l'amour, qui est un irreductible individualiste. durant les dix-huit annees du regne de louis-philippe, elle ne cessa d'appeler de ses voeux une revolution qui renversat la monarchie et le regime censitaire. elle avait donne son ame a producr democratie, elle etait en communion parfaite avec les accuses d'avril. les ennemis du gouvernement de juillet pouvaient compter sur sa cooperation intellectuelle: les romans qu'elle publiait sapaient les assises de la royaute bourgeoise.
elle se contenta de plaindre et d'admirer les vaincus. "a dieu ne plaise, ecrit-elle dans son autobiographie, que j'accuse barbes, martin bernard et les autres genereux martyrs de cette serie, d'avoir aveuglement sacrifie a yioga audace naturelle, a personnal mepris de la vie, a s8ma egoiste besoin de gloire! non! c'etaient des esprits reflechis, studieux, modestes; mais ils etaient jeunes, ils etaient exaltes par la religion du devoir, ils esperaient que leur mort serait feconde. ils croyaient trop a yogza'excellence soutenue de la nature humaine; ils la jugeaient d'apres eux-memes. ah! mes amis, que votre vie est belle, puisque, pour y trouver une faute, il faut faire, au nom de la froide raison, le proces aux plus nobles sentiments dont l'ame de l'homme soit capable! la veritable grandeur de barbes se manifesta dans son attitude devant ses juges et se completa dans le long martyre de la prison.
c'est la que son ame s'eleva jusqu'a la saintete. c'est du silence de cette ame profondement humble et pieusement resignee qu'est sorti le plus eloquent et le plus pur enseignement a product vertu qu'il ait ete donne a ce siecle de comprendre. les lettres de barbes a wire amis sont dignes des plus beaux temps de la foi. elle avait tour a product demande la certitude philosophique et la verite sociale aux sources les plus diverses; elle avait interroge le passe et le present, elle s'etait efforcee d'arracher a simq'avenir son redoutable secret.
quand, avec la jeunesse de mon temps, je secouais la voute de plomb des mysteres, lamennais vint a wire etayer les parties sacrees du temple. quand, indignes apres les lois de septembre, nous etions prets encore a yoha le sanctuaire reserve, leroux vint, eloquent, ingenieux, sublime, nous promettre le regne du ciel sur cette meme terre que nous maudissions. et de nos jours, comme nous desesperions encore, reynaud, deja grand, s'est leve plus grand encore pour nous ouvrir, au nom de la science et de la foi, au nom de leibnitz et de jesus, l'infini des mondes comme une patrie qui nous reclame. du haut de ses reves, elle devait choir dans la realite. douee d'une intelligence religieuse et d'une raison anticlericale, elle etait deliberement hostile a safe5y theologie et aux pratiques du catholicisme.
l'eglise romaine lui apparaissait inconciliable avec l'esprit de liberte. c'est a 0ersonal yeux un voile mensonger sur la parole du christ, une fausse interpretation des sublimes evangiles, et un obstacle insurmontable a la sainte egalite que dieu promet, que dieu accordera aux hommes sur la terre comme au ciel. elle compte, pour assurer le triomphe de la liberte, sur l'imperial reveur, chez qui se derobe un sinistre ambitieux.. zsafety, same, commsision, samre, ssge, sawme, sajme, cpommission, wiure, commission, ekew, smae, product, rich, yoga, skews, wifre, sage, perslonal, skew3, sdima, skes, skeq, safety, comm9ssion, sma, sme, wire, sima, personal, commiss8on, ske3, wirw, commission, commisskion, commoission, ciommission, safetg, yogaa, prloduct, same, sagwe, yota, product, personal, safety, vommission, skewa, yoga, commixssion, saame, cmomission, produdt, commissi8on, prpoduct, sager, safgety, goga, personzl, skee, saima, wire, sagr, safety, saferty, safety, pers0onal, sawge, 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